ACCUEIL Sentier de l'imaginaire Fédération Départementale des Foyers Ruraux de Saône et Loire

A l'écoute de la Terre

N°1 | 1999 | Dominique Lacoste | Uchon


Surnommé "La Perle du Morvan", Uchon, juché sur ses hauteurs, se caractérise par ses cahos granitiques, son patrimoine fort, son climat rude. Qui a fréquenté de longues années cet habitat finit par lui ressembler.

La trompe de Dominique Lacoste est féminine. Elle aurait pu être énorme, rugueuse, voyante ; elle se veut séduisante, fine, discrète. Haut d'environ 60 cm, le pavillon à base octogonale, tourné vers le sol, lévite à quelques centimètres au-dessus d'un rocher typique du site et son long col gracieux et recourbé se termine par une fine embouchure.
La trompe a revêtu une patine aux tons chauds soulignée par les arêtes brillantes des différentes faces.

L'œuvre d'art s'inspire d'un oratoire situé à quelques centaines de mètres. Elle se veut un objet d'écoute : écoute de cette terre érodée, torturée, qui continue d'évoluer, mais aussi écoute des hommes qui, de générations en générations, l'ont respectée en lui conservant cette harmonie, source d'inspiration pour les peintres ou les musiciens.
Elle invite à la méditation, à la réflexion, au dialogue avec les esprits telluriens. Son installation, devant la mairie, peut se révéler un choix judicieux.

A l'écoute de la terre - Dominique LACOSTE


L'ARTISTE
Dominique Lacoste, archéologue au Musée de Bibracte et joueur de trompe à ses heures, est plasticien, enseignant aux Beaux Arts de Beaune.


OÙ VOIR L'OEUVRE ?
À Uchon, face à la Mairie, sur la petite aire de pique-nique

Hommage
à Saint Hubert

N°2 | 1999 | Jean-Yves Brelivet | Dettey


Si nous ne prenons pas le temps de nous arrêter suffisamment devant cette sculpture, nous ne dépasserons pas le stade de l'observation "chat-nid" . Il nous faut imaginer des intentions, décoder des messages, sinon cette œuvre restera un objet.

A peine plus gros qu'un bon gros matou, le chat de Dettey est en bronze. (Pour la petite histoire, ce bronze a été coulé en région parisienne, dans la fonderie qui travaille pour Niki de Saint Phalle.) Plutôt que de le peindre, Jean-Yves Brélivet lui a donné une belle patine noire qui évoluera certainement avec le temps. La préoccupation principale de l'artiste n'était pas la reproduction scrupuleuse d'un chat ; pas de moustache, pas d'yeux coloriés, mais le regard existe, l'attitude est naturelle et familière, la tête légèrement léonine. Nous aimerions caresser cet animal, mais accepterait-il cette marque d'affection ? Est beau ce que l'on aime et, tel qu'il est, il a su séduire le maire de Dettey. En se rendant à sa mairie, il ne manque pas de lui adresser au passage quelques paroles amicales.

Nous comprendrons mieux cette sculpture quand nous posséderons quelques-unes des clés qui guident l'artiste dans sa démarche.
Il procède surtout par associations, en général association d'un animal et d'un objet. Ici, à Dettey, les associations et les ambiguïtés auront été multiples et diverses. Dans l'église du village, il est tombé en arrêt devant un Saint Hubert du XVIème siècle en bois polychrome, personnage traité de manière naïve, accompagné de son chien au regard triste. D'où sa première idée ; associer à une sculpture ancienne une œuvre moderne, à une sculpture pieuse, placée à l'intérieur d'une église, une sculpture profane, située à l'extérieur, près d'une auberge.

Comment évoquer Saint Hubert, patron des chasseurs, des chiens, des forestiers et des enragés ? Le choix d'un chat est équivoque. Cet animal, esprit indépendant, suppôt du diable au Moyen Age, remarquablement armé par la nature, n'est pas spécialement porté dans le cœur des chasseurs. Mais ce chat est également un nichoir. Quel message l'artiste a-t-il voulu transmettre ? L'image du chasseur ami et protecteur de la faune ou celle du chasseur, braconnier fourbe, qui piégera sa victime ? Comme vous le voyez, cette sculpture se prête à plusieurs lectures. A vous, au gré de votre humeur, d'en découvrir d'autres.
Hommage à Saint Hubert - Jean-Yves BRELIVET

L'ARTISTE
Jean-Yves Brélivet, breton, enseignant aux Beaux Arts de Quimper. D'ordinaire, travaille plutôt la résine.


OÙ VOIR L'OEUVRE ?
La sculpture est posée à Dettey, à proximité de l'auberge, sur un mur latéral, face au château d'eau.

Soleil celte

N°3 | 1999 | Martine Andernach | Saint Symphorien de Marmagne


Cette statue épurée brandit un soleil, représentation du renouveau. Les deux roues (symbole cosmique) qui la flanquent évoquent un char funéraire sur lequel le défunt était placé. En effet, les princes celtes se faisaient enterrer, allongés sur un char.

Cette sculpture se veut à la fois, rappel de notre passé, et foi en l'avenir ; un avenir qui se conçoit nécessairement dans la continuité du patrimoine hérité de nos ancêtres.

L'emplacement de cette oeuvre d'art n'est pas le fruit du hasard. Dans son prolongement se situe un calvaire, rappelant que la religion chrétienne a succédé aux pratiques païennes. Implanté dans la cour de la mairie, ce "Soleil celte" invite les édiles municipaux à une démarche dynamique et optimiste qui tiendra compte des leçons de sagesse de nos aïeux.

La statue est réalisée en Corten-Stahl, un acier qui n'a besoin d'aucun entretien et dont la pellicule de rouille protège de la corrosion. Cette matère, le fer, était pour les Celtes d'une très grande importance tout comme il l'a été et l'est encore pour nous, habitants de la région creusotine.
La feuille d'or qui recouvre le soleil pour lui donner tout son flamboyant, en particulier grâce à son orientation, rappelle que ce métal précieux fut pour les Celtes un raffinement primordial.
Soleil celte - Martine ANDERNACH

L'ARTISTE
La statuaire, Martine Andernach, est une Allemande qui vit en Rhénanie-Palatinat mais qui est d'origine française. La culture celte l'a toujours fascinée, surtout depuis qu'elle habite au bord du Rhin, fleuve vénéré de ce peuple et à proximité duquel de nombreux vestiges ont été découverts dans les tombes.

OÙ VOIR L'OEUVRE ?
Cette sculpture se dresse dans la cour de la Mairie de Saint Symphorien de Marmagne

Between Birds and Word

N°4 | 1999 | Declan Field | Marmagne


Les corbeaux monumentaux de Marmagne

Nous retrouvons ici trois caractéristiques des origines irlandaises de l'artiste : Le dieu celte Lug, dieu de la lumière, figuré sous sa forme traditionnelle de corbeau, mais aussi évoqué par les petites taches des couleurs de l'arc en ciel réparties sur la spirale gravée formée de pavés de granit.
Ces corbeaux, témoins depuis toujours de l'histoire des hommes, rappellent à l'artiste les faubourgs de Dublin sur lesquels planaient ces oiseaux effrontés, plus gros que chez nous. Leur comportement social n'est pas sans faire penser à celui des humains à la manière d'ombres animées.

Enfin, il y a l'influence de James Joyce, écrivain irlandais dont l'œuvre est douée d'un symbolisme multiple et dont le personnage principal est en définitive le langage. Aussi, nous ne sommes pas surpris de retrouver entre chaque point de couleur un mot chargé d'interrogations.

Le travail de Declan Field ressemble à ce solide gaillard qui ne craint pas la difficulté. Sur une armature métallique, il a assemblé en les soudant des centaines d'éléments en plaques de tôle. Le nombre d'heures que ce travail représente est assez impressionnant.

Placés dans un square, les trois oiseaux sont à la mesure des grands arbres qui les dominent. Placés entre une route, une ligne de chemin de fer et une rivière, ils invitent au voyage. L'un d'eux, d'ailleurs regarde vers l'Irlande.
Between birds and words - Declan FIELD

L'ARTISTE
L'Irlandais Declan Field vit en France, à Ecutigny près de Bligny sur Ouche, en Bourgogne, mais son œuvre est totalement imprégnée de son pays d'origine.


OÙ VOIR L'OEUVRE ?
Marmagne est l'une des portes d'accès à nos voies celtes. Cette sculpture monumentale, quoique un peu en retrait de la route, attire le regard et incitera les touristes à découvrir les autres réalisations.

Courant de chêne

N°5 | 2000 | Will Menter | La Tagnière


Installée sur le site de La Tagnière, cette structure se trouve dans un endroit attirant. L'idée de la sculpture est d'animer ce lieu pour que les passants, randonneurs et autres, s'arrêtent quelques instants.

La route traverse un pont de pierre. A droite, se trouve un gué où des animaux viennent boire. Des enfants y jouent. Ils y ont placé des pierres pour passer à pied sec et ont construit un château de sable et un petit port. Ici, le ruisseau est peu profond, entre dix et quinze centimètres, et le pire accident serait de se mouiller les pieds ! A l'amont du gué, entre deux haies, le ruisseau coule doucement en une série de petits bassins dans les cailloux et les rochers, sur dix mètres environ. Puis il disparaît de notre vue.

La structure est composée d'un portique de chataîgnier de 7 à 8 mètres, posé sur des poutres de chêne provenant d'une maison en ruine. Les éléments mobiles, de tailles inégales, allant de 50 cm à 1,50 m, sont accordés de manière à ce que les compositeurs inspirés puissent créer une aubade. Mais laissons à la nature le soin d'interpeller les passants par cette harmonie de sons, chuchotement du ruisseau, bruissement du vent dans les arbustes et percussions discrètes de notre Courant de Chêne.
Courant de chêne - Will MENTER

L'ARTISTE
Will Menter, est un Ecossais qui réside en France, en Saône et Loire, à Saisy, au hameau de Changey, à l'Atelier des Neuf Portes.
Compositeur, saxophoniste, Will s'est spécialisé dans la création de structures sonores, utilisant les éléments naturels, eau, vent ou l'inspiration des passants pour leur prêter vie.


OÙ VOIR L'OEUVRE ?
"Courant de Chêne" est installé en contrebas du petit pont situé sur le GR 131 (balisage rouge et blanc). Sur la place du bourg, face à l'auberge, descendre sur 150 mètres le chemin qui contourne la tour et passe près de la bibliothèque.

La vasque et la lame

N°6 | 2000 | Denis Guelpa | Broye


Denis GUELPA a imaginé une œuvre qui, par son format, réponde à la présence exubérante du chêne, tout en illustrant le thème de l'arbre sacré, symbole de force vitale chez les Celtes.

Des écrits nous révèlent que les druides se consacraient à la cueillette du gui au sixième jour de la lune et ce "avec un grand appareil religieux". Selon le rite, ils procédaient sous l'arbre à de nombreux sacrifices pour s'attirer les faveurs divines, puis partageaient un repas. La vasque et la lame veulent rappeler cette coutume en la réinterprétant de façon très symbolique.
La lame, "cette épée celtique longue mais encombrante", représente le sacrifice, le geste rituel et cruel. Quant à la vasque, à la fois table et récipient, elle réunit ceux qui participaient au festin. Sa position inclinée, sa forme légèrement évasée et pliée dans l'axe, permettent un écoulement jusqu'à la pierre-évier, ce "trou perdu" creusé dans le bloc. Ainsi, au gré des saisons, cette vasque deviendra réceptacle des "larmes et humeurs" de l'arbre sacré.

"Cette réalisation se veut contemporaine, obéit au principe de lisibilité et de simplicité des lignes et des formes, anime l'espace tout en sollicitant l'imaginaire du spectateur."
Courant de cLa vasque et la lame - Denis GUELPA

L'ARTISTE
Denis GUELPA, sculpteur et écrivain suisse


OÙ VOIR L'OEUVRE ?
L'œuvre est installée à Broye, à la zone de loisirs, à proximité du terrain d'initiation au VTT, sous le chêne bordant la route communale.

Origine

N°7 | 2001 | Catherine Porta | Mesvres


Cette œuvre a été inspirée par plusieurs éléments de la culture celte : la croyance en l'immortalité de l'âme et à sa migration d'un corps à l'autre, le chiffre trois, sacré, la valeur magique qu'elle attribuait à la triskèle et son rapport étroit avec la nature.

Dans la sculpture, le cercle lisse central exprime l'immuable, le statique. Le cercle extérieur travaillé brut qui s'y rattache indique le changement, le dynamisme de la matière qui se transforme. La teinte du bronze patiné évolue selon les saisons, les heures ou la couleur du ciel, allant du brun doré au brun foncé.

Le cadre dans lequel est implantée l'œuvre est limité en arrière plan par les massifs verdoyants de la Certenue et d'Uchon, chargés de légendes venues du fond des temps. Un ancien prieuré, deux ponts voûtés de pierre enjambant le Mesvrin et un théâtre de verdure constituent l'environnement proche.
La sculpture mise en place à l'aube du troisième millénaire complète cet ensemble élaboré au cours des siècles.
Origine - Catherine PORTA

L'ARTISTE
La créatrice, Catherine PORTA, née en Suisse, vit actuellement en Italie mais son œuvre est également influencée par ses voyages ou séjours en Orient (Népal, Thaïlande, Ceylan, Inde) ou en Afrique du Nord.

OÙ VOIR L'OEUVRE ?
La sculpture est implantée entre les deux petits ponts qui enjambent le Mesvrin, à droite en allant en direction d'Uchon.
Les oeuvres du Sentier de l'imaginaire La famille celte / Alan Mantle / BRESSE BOURGUIGNONNE The ladder / David Nash / BRESSE BOURGUIGNONNE La naissance de l'image / Frédéric Leroy / CHALONNAIS Saint Georges et la Wouivre / Frédéric Leroy / CHALONNAIS Cosmos / Susheila Jamieson / CLUNISOIS La source / Dorika de Winne / CLUNISOIS Le guetteur / Laure Frankinet / CLUNISOIS Source de vie / Freddy Baggen / CLUNISOIS Hymne à la vie / Gérard Larive / CLUNISOIS L'homme et la vigne / Atelier Arimage / MÂCONNAIS Le pélerin de Saint Jacques / Frédéric Leroy / MÂCONNAIS In side out side / Angharad Jones / CLUNISOIS La pierre et l'eau / Jean-Pierre Collier / CHAROLAIS BRIONNAIS Genèse / Michèle Radix / CHAROLAIS BRIONNAIS Origine / Catherine Porta / AUTUNOIS MORVAN La vasque et la lame / Denis Guelpa / AUTUNOIS MORVAN Courant de chêne / Will Menter / AUTUNOIS MORVAN Between Birds and word / Declan Field / AUTUNOIS MORVAN Le soleil celte / Martine Andernach / AUTUNOIS MORVAN Hommage à Saint Hubert / Jean-Yves Brelivet / AUTUNOIS MORVAN A l'écoute de la terre / Dominique Lacoste / AUTUNOIS MORVAN
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